🇼🇾 Trek Laugavegur + FimmvörĂ°uhĂĄls

Une semaine en Islande sur le trek Landmannalaugar

Quelques jours seulement aprĂšs avoir couru les 45 km de l’Écotrail Reykjavik je me suis lancĂ© dans le mythique trek Laugavegur agrĂ©mentĂ© du trek FimmvörĂ°uhĂĄls. Ce sont deux treks qui se trouvent dans le sud-est du pays Ă  quelques heures de bus de Reykjavik. Ils sont contigus et peuvent donc s’enchaĂźner dans un sens ou dans l’autre. Au total j’ai parcouru 83 km en 5 jours, en autonomie complĂšte.

Laugavegur est l’un des treks les plus cĂ©lĂšbre du monde. Il va de Landmannalaugar (au nord) Ă  Þórsmörk (au sud) sur environ 55 km. Quant Ă  FimmvörĂ°uhĂĄls, c’est un trek qui se situe dans la continuitĂ© du prĂ©cĂ©dent puisqu’il part de de Þórsmörk pour rejoindre SkĂłgar sur la cĂŽte sud de l’Ăźle sur environ 30 km.

Durée totale Distance D+ D- Alt. max Alt. min
4j 10h 40mn 93,3 km 3 915 m 4 484 m 1 131 m 11 m

Préparatifs

N’ayant jamais fait de trek aussi long, surtout en autonomie complĂšte et dans un lieu oĂč les conditions climatiques peuvent ĂȘtre trĂšs difficiles, j’ai prĂ©parĂ© ce trek plus que d’habitude. Pour cela j’ai consultĂ© de nombreux blogs – il suffit de rechercher Laugavegur trek ou Landmannalaugar sur un moteur de recherche – c’est probablement par ce biais que vous ĂȘtes arrivĂ©s sur cette page – pour avoir une idĂ©e du parcours, des conditions climatiques et rĂ©cupĂ©rer quelques bons tuyaux.

Pour commencer je me suis attelĂ© Ă  l’itinĂ©raire. Je me suis inspirĂ© d’un parcours trouvĂ© sur un blog (le combo FimmvörĂ°uhĂĄls + Landmannalaugar) et j’ai tĂ©lĂ©chargĂ© une trace GPX Ă  peu prĂšs similaire Ă  leur parcours que j’ai modifiĂ©e pour la dĂ©couper en un fichier par Ă©tape prĂ©vue. Ayant vu de nombreuses photos incroyables de Landmannalaugar je voulais garder cet endroit pour la fin du trek. Aller vers le plus remarquables au fur et Ă  mesure du chemin. J’ai donc tout prĂ©parĂ© pour un parcours Sud (SkĂłgar) ⇟ Nord (Landmannalaugar).

J’ai chargĂ© les fichiers GPX dans ma montre pour suivre l’itinĂ©raire exact, pour plus de sĂ©curitĂ©. En plus de cela j’ai achetĂ© pour quelques Euros la gĂ©niale application GPX Viewer PRO qui me permettra de les visualiser sur des cartes en mode offline (dont certaines spĂ©cialisĂ©es dans la randonnĂ©e d’une qualitĂ© remarquable). Et pour ĂȘtre sĂ»r de ne pas me perdre je me suis procurĂ© la carte papier la plus dĂ©taillĂ©e qui existe de cette rĂ©gion. Vu qu’elle n’est qu’au 1/100 000Ăšme je l’ai scannĂ©e, dĂ©coupĂ©e puis imprimĂ©e sur une page A3 par Ă©tape afin de mieux voir les dĂ©tails. Et oui, avec l’Ăąge on a du mal Ă  lire les dĂ©tails sur les cartes Ă  grande Ă©chelle. Cela me permettra aussi de me repĂ©rer en cas de panne de mes appareils Ă©lectroniques – avec la pluie on ne sait jamais.

Sur ces cartes j’ai repĂ©rĂ© quelques lieux Ă  visiter qui n’Ă©taient pas indiquĂ©s dans les blogs : une grotte de glace et un canyon. J’ai donc modifiĂ© les fichiers GPX en consĂ©quence pour ajouter des dĂ©tours et voir ces sites que j’espĂšre remarquables.

Mais deux jours avant de commencer le trek, au moment de rĂ©server le bus, j’ai dĂ©cidĂ© de le faire dans le sens traditionnel, du nord vers le sud. Ayant couru 45 km lors de l’Ecotrail quelques jours avant je me suis dit que c’Ă©tait plus raisonnable. Dans ce sens, ça descend plus que ça ne monte.


Il n’y a pas de mauvais temps, il n’y a que des mauvais vĂȘtements.

Proverbe Norvégien

Concernant l’Ă©quipement, celui que j’avais ne correspondait pas du tout Ă  celui nĂ©cessaire pour une telle expĂ©dition. D’ordinaire je vais randonner dans les Alpes lorsque la mĂ©tĂ©o est clĂ©mente. Je crois que sur les dizaines de randonnĂ©es et bivouacs Ă  mon actif je n’ai jamais eu de pluie (sauf quelques fois la nuit, mais ça ne compte pas). Autant dire que ce ne sera pas le cas sur cet itinĂ©raire. Certains blogueurs ont eu des jours entiers de grosse pluie Ă  ĂȘtre trempĂ© en quelques instants. Il Ă©tait donc temps que je m’Ă©quipe en waterproof. J’ai refait toute ma garde-robe (les 3 couches du haut, surpantalon de pluie, chaussures 
). Et vu la quantitĂ© de matĂ©riel et de nourriture Ă  transporter pour un si long voyage j’en ai profitĂ© pour changer de sac Ă  dos. Voir la rubrique Équipement Ă  la fin de ce post pour la liste complĂšte du matĂ©riel.


En ce qui concerne la nourriture, ce fut une grosse partie de ma prĂ©paration, et du poids du sac. Tenir une semaine en autosuffisance c’était une premiĂšre. J’ai Ă©cumĂ© les groupes Facebook (en particulier Trek, Bivouac, Matos Outdoor, discussions et conseils) et j’ai glanĂ© quelques idĂ©es dans le livre Food Trek. Bien que certains blogs parlent de nourriture qu’il est possible d’acheter dans les campings j’ai prĂ©fĂ©rĂ© ne pas y compter et emmener tout ce dont j’aurais besoin pour la semaine entiĂšre. J’ai optĂ© pour le mode petit-dĂ©jeuner consĂ©quent + grignotage en journĂ©e + lyophilisĂ© le soir. Voir la rubrique Alimentation ci-dessous pour la liste dĂ©taillĂ©e des repas.


Le dĂ©part du trek, quel que soit le sens choisi se fait Ă  plus de 150 km de Reykjavik. Pour aller Ă  Landmannalaugar ou Þórsmörk il faut des bus qui peuvent emprunter les pistes 4×4. Il n’y a donc pas de ligne rĂ©guliĂšre qui s’y rende. Contrairement Ă  SkĂłgar qui se situe sur la route principale n°1. Plusieurs compagnies proposent des forfaits aller/retour pour les randonneurs, pour chaque trek ou le combinĂ© Laugavegur + FimmvörĂ°uhĂĄls au dĂ©part de Reykjavik dans des bus 4×4. Il est possible de modifier sa rĂ©servation par tĂ©lĂ©phone. La compagnie rĂ©guliĂšre publique Straeto propose des aller/retour pour SkĂłgar. Ce dernier est moins cher mais sans rĂ©servation possible.

J’ai optĂ© pour le pass de la compagnie Trex dont le site internet Ă©tait plus clair Ă  propos des rĂ©servations pour le combinĂ©. N’Ă©tant pas certain Ă  l’avance du sens que j’allais emprunter je n’ai rĂ©servĂ© mon billet que l’avant-veille de prendre le bus. DĂ©part le lundi et retour le mercredi suivant. J’avais pris large pour le retour sachant qu’on pouvait le changer gratuitement et que je comptais peut-ĂȘtre rester Ă  SkĂłgar pour visiter ses alentours.

RĂ©cit Ă©tape par Ă©tape

Le trek a eu lieu du lundi 8 juillet au dimanche 14 juillet 2019.

Jour 0 – De Reykjavik Ă  Landmannalaugar et ascension du volcan BlĂĄhnjĂșkur

ItinĂ©raire du jour en bus de la compagnie Trex.

Le bus partant Ă  7h45 du camping de Reykjavik oĂč je sĂ©journe, je programme le rĂ©veil pour 5 h 30 le temps de prendre un petit-dĂ©jeuner, une douche et de plier le camp. Pendant ce temps je mets mon portable et la batterie Ă  charger une derniĂšre fois aux sanitaires. Quand tout est prĂȘt je laisse mon sac de voyage avec tout ce dont je n’aurais pas besoin en consigne Ă  l’accueil du camping (moyennant 3000 ISK et quelques). Je repasserai le chercher dans une semaine. Depuis plusieurs jours c’est grand bleu sur la capitale et toujours pas un nuage en vue ce matin.

Il y a dĂ©jĂ  quelques randonneurs qui attendent le bus. Ce dernier arrive avec quelques minutes de retard et nous chargeons nos sacs dans les soutes Ă  bagages. Riche idĂ©e que j’ai eu de mettre le protĂšge pluie par-dessus car il en ressortira tĂąchĂ© de cambouis. En plus du chauffeur il y a un accompagnateur de la sociĂ©tĂ© de transport. Celui-ci nous demande fermement d’attacher nos ceintures. « That’s the law ». Et interdiction formelle de se lever et se balader dans le bus. Nous faisons un arrĂȘt de quinze minutes Ă  Hella aprĂšs une bonne heure de route. Le ciel a dĂ©jĂ  changĂ© de couleur et le bleu a fait place Ă  la grisaille. Nous reprenons la route et aprĂšs quelques arrĂȘts pour charger d’autres passagers nous arrivons sur la piste 4×4 Ă  fond la caisse. Impressionnant pour un bus. MĂȘme la Dacia Duster devant nous a du mal Ă  avancer et le bus lui met la pression en la suivant de quelques mĂštres seulement. Elle finit par nous laissez passer. Probablement des touristes non aguerris Ă  la conduite sur pistes. Plus nous avançons et plus le paysage change. Les champs qui longeaient la cĂŽte laissent place Ă  ces montagnes multicolores si caractĂ©ristiques du Landmannalaugar. La vĂ©gĂ©tation se fait de plus en plus discrĂšte pour laisser place Ă  cette terre de lave noire omniprĂ©sente.

Le massif du Landmannalaugar, au centre de l’Islande, prĂ©sente un paysage tourmentĂ©. L’activitĂ© volcanique y a forgĂ© des cratĂšres rougeĂątres, des montagnes de rhyolite, des vallons et des champs de cendre qui cĂŽtoient des lacs d’un bleu profond.

Cette rĂ©gion est une des plus spectaculaires de l’Islande. On y trouve de nombreux exemples de volcanisme acide. Les couleurs du paysage varient du noir au jaune pĂąle en passant par le rouge et le bleu. [
] La montagne voisine, BlĂĄhnjĂșkur est Ă©galement caractĂ©ristique, avec ses couleurs bleu-vert. La cendre volcanique forme des dĂ©pĂŽts stratifiĂ©s dans lesquels la pluie et la neige fondue creusent des sillons.

Wikipedia

Nous arrivons Ă  destination vers midi. AprĂšs avoir rĂ©cupĂ©rĂ© mon sac dans la soute je me dirige immĂ©diatement Ă  l’accueil du camping pour acheter mon emplacement pour la nuit. Par camping entendez « grande surface de terre et de cailloux ». Il y a aussi quelques bĂątiments : le point accueil, les sanitaires, le chalet des rangers et le refuge. Ce dernier n’est pas accessible aux campeurs qui sont relĂ©guĂ©s dans une grande tente chapiteau oĂč ils peuvent dĂźner Ă  l’abris des intempĂ©ries. Au comptoir de l’accueil on trouve quelques victuailles Ă  l’achat (sachets de nourriture lyophilisĂ©e, chips, barres chocolatĂ©es, biĂšres, boissons sucrĂ©es). On trouve aussi des bouteilles de gaz pour les rĂ©chauds. Il est situĂ© juste Ă  cĂŽtĂ© d’une impressionnante coulĂ©e de lave datant du 15Ăšme siĂšcle appelĂ©e Laugahraun (« la coulĂ©e de lave des sources chaudes Â»).

Tous les campings le long du trek fonctionnent de la mĂȘme façon. Quand vous rĂ©glez votre emplacement on vous donne un autocollant avec la date du jour Ă  mettre sur votre tente (gĂ©nĂ©ralement collĂ© repliĂ© sur lui-mĂȘme autour d’un hauban). Ils acceptent presque tous le rĂšglement par carte bancaire et coĂ»tent Ă  peu prĂšs le mĂȘme tarif : 2000 ISK par personne soit 15 €. Tous sont Ă©galement Ă©quipĂ©s de douches (sauf Ă  Hrafntinnusker). L’eau froide y est gratuite mais contre quelques centaines de couronnes (400 ISK en moyenne – soit 3 €) on vous donne un ticket avec un QR code qui, passĂ© dans le lecteur, vous ouvrira la vanne d’eau chaude pendant 5 mn. Soyez donc prĂȘt Ă  vous jeter sous l’eau car on ne peut pas interrompe le dĂ©compte.

SitĂŽt mon emplacement payĂ© je vais monter la tente. J’ai lu sur un blog qu’une trekkeuse avait voulu se mettre Ă  l’Ă©cart et pourquoi pas dans l’herbe mais avec cette idĂ©e de gĂ©nie elle s’est retrouvĂ©e sur une parcelle de tourbe toute collante cachĂ©e sous l’herbe. Je ne cherche donc pas de coin paradisiaque et pose ma tente Ă  proximitĂ© des commoditĂ©s, dans un cercle de pierre dĂ©jĂ  formĂ© pour signifier Ă  qui voudrait s’approcher l’Ă©tendue de ma propriĂ©tĂ© pour la nuit.

Il est 12h30 quand mon camp de base est monté.

Je vais ensuite visiter la source d’eau chaude situĂ©e juste derriĂšre le camping, le long de la coulĂ©e de lave. Un long ponton me fait traverser ce que je pense ĂȘtre la parcelle de boue dont la trekkeuse parlait et j’arrive sur une plateforme oĂč un panneau indique que des parasites ont Ă©tĂ© trouvĂ©s dans l’eau il y a quelques mois et que la baignade n’est donc pas sans risque. Je ne comptais de toute façon pas trop y tremper le bout d’un doigt de pied vu qu’un groupe de russes fort bruyants occupe dĂ©jĂ  le bassin.

AprĂšs quelques photos je retourne Ă  la tente.

Selon mes plans je devais passer par le volcan BlĂĄhnjĂșkur demain matin en partant pour le Laugavegur. Mais vu l’heure prĂ©coce de mon arrivĂ©e je me dis que je vais faire cette ascension tout de suite. Cela va m’occuper pour l’aprĂšs-midi et surtout ça m’Ă©vitera de le gravir avec un sac de 15 kg sur le dos.

Grosse montĂ©e pour arriver au sommet du volcan BlĂĄhnjĂșkur : 440 m D+/ alt. max 920 m.

Le volcan n’est pas sur l’itinĂ©raire standard du trek mais son ascension vaut vraiment le coup d’Ɠil. Si vous entamez le trek dĂšs la sortie du bus je ne saurais que trop vous conseiller d’y passer. Vous pourrez facilement rejoindre l’itinĂ©raire du trek derriĂšre le volcan et vous aurez un point de vue magnifique sur tout le nord du Landmannalaugar. Je vous laisse apprĂ©cier les somptueux paysages du Landmannalaugar sur les photos prises pendant la randonnĂ©e :

Cette petite escapade m’ayant ouvert l’appĂ©tit je vais m’acheter un paquet de PRINGLES et une bouteille de Pepsi. C’est la fĂȘte !

Une fois tout ça engloutis je prends mon matĂ©riel de cuisine et file sous le chapiteau pour me prĂ©parer Ă  manger Ă  l’abris du vent qui s’est levĂ©. Au menu comme tous les soirs qui suivront : un cinquiĂšme de saucisson (eh oui il faut qu’il tienne jusqu’Ă  la fin du trek), un plat lyophilisĂ©, une tisane et quelques gorgĂ©es de gĂ©nĂ©pi pour finir. Il fait encore jour et je ne ressens pas le besoin d’aller me coucher aussi lisĂ©-je un peu du livre que j’ai apportĂ© pour la semaine : Le Dernier Ermite, du journaliste amĂ©ricain Michael Finkel. Ce rĂ©cit sera parfait pour ce sĂ©jour que j’effectue seul, un peu en ermite.

Jour 1 – De Landmannalaugar Ă  Hrafntinnusker, ascension du mont Stöðull et visite des grottes de glace

Je ne suis pas adepte des dĂ©parts aux aurores aussi je me lĂšve tranquillement vers 7 h. L’avantage de l’Islande Ă  cette pĂ©riode est qu’on n’est pas pressĂ© par le temps puisqu’il fait jour tout le temps.

Petit coup d’Ɠil au thermomĂštre qui indique des tempĂ©ratures minimales pendant la nuit de 4 degrĂ©s dehors et 6 degrĂ©s dans la tente. Je jette aussi un Ɠil au ciel qui est toujours couvert mais avec quelques coins de ciel bleu. C’est plutĂŽt bon signe.

Je prends mon petit-dĂ©jeuner dans la tente, 5 minutes de douche chaude et Ă  9h30 je suis fin prĂȘt Ă  en dĂ©coudre avec ce trek que je prĂ©pare depuis plusieurs semaines. Mais que je rĂȘve de rĂ©aliser depuis tant d’annĂ©es.

PrĂȘt Ă  s’Ă©lancer

PlutĂŽt que de suivre l’itinĂ©raire Ă  travers la coulĂ©e de lave Laugahraun que j’ai dĂ©jĂ  traversĂ©e hier en revenant de ma ballade je dĂ©cide de la contourner par l’est en suivant la riviĂšre. Je rĂ©cupĂšre le Laugavegur au niveau de la grande solfatare.

Il y a dĂ©jĂ  du monde sur le chemin et c’est Ă  la queue-leu-leu que les marcheurs montent au premier col. De lĂ  nous avons une vue magnifique sur la Laugahraun et le camping. Et sur les petites montagnes que je vais traverser les prochaines heures : StĂłrihver. Elles ne sont pas bien hautes mais nombreuses donc beaucoup de montĂ©es et de descentes avec quelques plaques de neige par-ci par-lĂ . Et de nombreuses fumerolles. Des tĂąches de verdure quasi fluo se dĂ©tachent de ce paysage lunaire, voire martien. C’est de la mousse qui semble aimer les eaux chaudes qui ruissellent dans de petits cours d’eau.

Des fumerolles longent toute la premiÚre partie du parcours dégageant de fortes odeurs de soufre

Au dĂ©tour d’une montĂ©e j’arrive soudainement sur un plateau de roches de lave sans aucune vĂ©gĂ©tation mais beaucoup de plaques de neige. Les petits piquets en bois font place Ă  des grands cairns surmontĂ©s d’un bĂąton qu’il est facile de repĂ©rer. Du moins grĂące Ă  l’absence de brouillard. Je suis chanceux car quelques jours plus tard des randonneurs me diront y ĂȘtre passĂ©s le lendemain dans un brouillard trĂšs Ă©pais oĂč ils ont eu du mal Ă  trouver leur chemin. Pas de brouillard pour moi mais un vent glacial. À tel point que j’ai l’impression que je vais perdre quelques phalanges. MalgrĂ© mes deux paires de gants le froid engourdit mes doigts que je tente de rĂ©chauffer comme je peux.

AprĂšs une longue marche sur le plateau j’aperçois une lumiĂšre blanche clignotante qui indique l’arrivĂ©e imminente au camping de Hrafntinnusker un peu en contre bas. Il est composĂ© d’un chalet pour l’accueil et les rangers, un refuge (Ă©galement interdit aux campeurs comme la veille) et une cabane au loin qui fait office de toilettes sĂšches. L’espace camping se trouve un peu plus bas, sur de la terre noire et de nombreuse alvĂ©ole ont Ă©tĂ© crĂ©Ă©es avec des pierres pour se protĂ©ger du vent. AprĂšs avoir payĂ© mon emplacement et rĂ©cupĂ©rĂ© mon autocollant j’installe ma tente dans une alvĂ©ole Ă©rigĂ©e sur une bonne cinquantaine de centimĂštres de haut. Il y a un peu de vent mais les pierres me protĂšgent parfaitement.


Il est 14 h quand mon campement est installé.

Je pars immĂ©diatement pour la seconde randonnĂ©e de la journĂ©e : monter Ă  l’est au sommet de Stöðull (1132 m) et ensuite aller plein ouest vers la grotte de glace (qui ne semble pas avoir de nom) que j’ai trouvĂ©e par hasard en lisant des cartes. Aucun article n’en avait parlĂ©.

L’ascension vers le sommet est trĂšs facile (1 kilomĂštre de pente pas trop raide pour monter de 100 m). En vingt minutes je suis en haut oĂč le vent souffle trĂšs fort. Je suis seul quelques instants puis un groupe d’anglais me rejoint pour admirer le panorama sur les sommets enneigĂ©s alentours. Je reste une dizaine de minutes et redescends pour me rendre Ă  l’autre curiositĂ© du coin.

ArrivĂ© Ă  la jonction avec le Laugavegur je continue plein ouest sur le plateau qui est bientĂŽt complĂštement recouvert de neige. Je suis les cairns et les poteaux jusqu’Ă  ce qu’il n’y en a plus. LĂ  je suis les traces de pas laissĂ©es par mes prĂ©dĂ©cesseurs. Aucune trace ne semble fraĂźche et je pense me retrouver seul Ă  destination. Une grande descente dans la neige m’amĂšne dans la vallĂ©e oĂč coule une riviĂšre bordĂ©e de mousse vert fluo. J’aperçois la fumĂ©e de fumerolles et une Ă©norme faille au loin dans le manteau neigeux. J’espĂšre que les grottes ne sont pas lĂ -haut ! Je continue Ă  descendre jusqu’Ă  dĂ©couvrir une incroyable paysage. Des riviĂšres sortent par plusieurs endroits de la couche de neige en crĂ©ant de grands tunnels. C’est gigantesque et magnifique.

L’immense langue de neige que viennent faire fondre les fumerolles

Je vois un panneau au loin et crains qu’il n’interdise l’accĂšs aux tunnels. Heureusement ce n’est qu’un avertissement disant que des blocs de glace peuvent tomber du plafond des grottes. Tant pis, je tente ma chance. Je descends jusqu’au premier trou qui donne accĂšs Ă  une petite grotte. J’en ressors et vais vers une autre entrĂ©e en traversant des fumerolles. Une grosse odeur de soufre s’en dĂ©gage.

Je choisis une autre entrĂ©e un peu plus large cette fois-ci mais oĂč je tiens Ă  peine debout. À quelques mĂštres j’aperçois un puits de lumiĂšre. La neige a fondu Ă  cause de la vapeur d’eau dĂ©gagĂ©e par les fumerolles. Je ne reste pas longtemps tant l’odeur de soufre est dĂ©sagrĂ©able. Je ne sais pas si ces derniĂšres sont nocives et, Ă©tant seul, je ne veux courir aucun risque. Je repars vers mon campement aprĂšs ĂȘtre restĂ© une bonne demi-heure sur place.

La seconde grotte avec son plafond creusé par la vapeur des fumerolles

Je remonte la grosse pente enneigĂ©e, non sans difficultĂ©s et j’arrive sur le plateau oĂč je prends le mĂȘme chemin qu’Ă  l’aller. J’arrive au camping une demi-heure plus tard. Il est presque 18 h et les nuages laissent apercevoir un peu de ciel bleu. Je suis vraiment content d’avoir trouvĂ© ce petit coin de paradis sur la carte et de m’y ĂȘtre retrouvĂ© seul. Beaucoup de campeurs sont arrivĂ©s entre-temps et les alvĂ©oles sont toutes occupĂ©es.

Vu qu’il y a un peu de vent et que les tables de pique-nique y sont exposĂ©es je dĂźne dans la tente. Un peu de lecture et je tente de dormir malgrĂ© la lumiĂšre.

Jour 2 – De Hrafntinnusker à Álftavatn

Todo

Jour 3 – De Álftavatn à Botnar

Todo

Jour 4 – De Botnar Ă  Þórsmörk

Todo


Jour 5 – De Þórsmörk Ă  SkĂłgar

Ici commence le trek Fimmvörðuhåls.

Todo

Jour 6 – Retour à Reykjavik

Todo


Si c’Ă©tait Ă  refaire

Mon trek s’est plutĂŽt bien passĂ© dans l’ensemble. Mais le pire moment fut certainement au jour 1, pris dans le vent glacial de 
.. Je n’avais clairement pas les gants adĂ©quats. Si c’Ă©tait Ă  refaire je prendrais des gants bien plus chauds – comme des gants de ski – et rĂ©sistants Ă  l’eau. Quitte Ă  m’alourdir de quelques centaines des grammes.

Au quotidien je prendrais Ă©galement moins d’eau. J’avais toujours au minimum 1,5 litre dans la poche Ă  eau et 1 litre dans la gourde. Il ne fait pas trĂšs chaud sur le parcours et j’ai finalement trĂšs peu bu en journĂ©e. D’autant plus qu’il y a de nombreux cours d’eau sur le chemin oĂč recharger. J’aurais pu me passer de la gourde car je n’y ai jamais touchĂ© en journĂ©e. Pour les bivouacs tous les campings ont l’eau courante. Attention : au jour 5 il n’y a pas d’eau sur la premiĂšre moitiĂ© du parcours et dans les abris rencontrĂ©s. Si vous comptez couper l’Ă©tape en deux il faudra prĂ©voir le matin pour le bivouac.

Pour ce qui est de la nourriture, j’avais prĂ©vu un peu plus large au cas oĂč je restais Ă  SkĂłgar plus longtemps mais il y a un excellent restaurant Ă  l’hĂŽtel oĂč prendre ses repas. AprĂšs quelques jours de lyophilisĂ©s il n’y a pas de mal Ă  se faire de bien. J’y ai mĂȘme pris mon petit dĂ©jeuner du dernier jour.

Les bĂątons, nĂ©cessaires ou pas ? Je ne m’en suis quasiment pas servi. Juste pour traverser les riviĂšres afin de garder l’Ă©quilibre au cas oĂč le courant serait un peu fort. Le reste du temps ils Ă©taient dans le sac. Étaient-ils nĂ©cessaires ? Je suppose que l’assurance de ne pas tomber en traversant les riviĂšres vaut le coup de les porter toute la semaine. Si j’avais fait le trek dans le sens Sud-Nord peut-ĂȘtre m’en serais-je servi plus frĂ©quemment.

Pour finir, tous mes prĂ©paratifs ont Ă©tĂ© faits pour le sens Sud ⇟ Nord. Je voulais garder les somptueux paysages de Landmannalaugar pour la fin du pĂ©riple. AprĂšs l’avoir fait je peux dire qu’il n’y a finalement pas de meilleur sens si on veut privilĂ©gier la surprise des paysages par rapport Ă  la difficultĂ©. Les deux extrĂ©mitĂ©s du parcours offrent des panoramas incroyables et vous irez de surprises en surprise quel que soit le sens choisi. Toutefois, si vous privilĂ©giez la facilitĂ© alors il n’y a pas Ă  hĂ©siter : ce sera dans le sens Nord-Sud.

Partir seul ou accompagné ?

J’ai lu beaucoup de rĂ©cits oĂč des randonneurs ont effectuĂ© ce trek Ă  plusieurs mais peu en solitaire. Alors est-ce dangereux d’effectuer le trajet tout seul ? Non mais un peu quand mĂȘme.

Le solitaire n’est jamais seul.

Christopher Knight, Le Dernier Ermite

Non car la fenĂȘtre mĂ©tĂ©orologique propice Ă  ce trek est trĂšs courte. Tous les trekkeurs du monde se retrouvent ici entre mi-juin et fin aoĂ»t. Chaque jour ils par dizaines et on n’est jamais vraiment seul sur le parcours. Surtout si comme 90% des gens on le fait dans le sens nord-sud. On trouve des groupes Ă  chaque obstacle (guĂ©, pont, grosse montĂ©e). Je me suis rarement retrouvĂ© seul pendant des heures. C’Ă©tait Ă  la fois rassurant mais frustrant. En tout cas peu de gens sortent du sentier battu. Et c’est une chance car j’ai pu avoir la grotte de glace et le canyon pour moi tout seul. Moments magiques. Il y a toutefois beaucoup moins de monde sur la partie FimmvörĂ°uhĂĄls car beaucoup reprennent le bus Ă  Þórsmörk.

Non car le chemin est tellement empruntĂ© qu’il est trĂšs bien marquĂ© au sol. Et quand ce n’est pas le cas il suffit de suivre les piquets. J’ai failli me perdre qu’une seule fois oĂč il y avait des piquets dans plusieurs directions. Mais ma montre m’a montrĂ© le bon chemin et j’ai pu continuer sans encombre.

Oui car sur certaines portions oĂč le chemin n’est pas trĂšs marquĂ© et oĂč il faut donc suivre les piquets on peut vite se perdre en cas de fort brouillard ou de blizzard. La technique dans ce cas est qu’une personne reste au piquet oĂč on se trouve et la seconde va chercher le piquet suivant. S’il se perd il peut toujours revenir vers son partenaire en suivant sa voix ou son sifflet. Quand on est seul, un bon moyen d’Ă©viter ça est d’avoir le parcours dans son tĂ©lĂ©phone ou sa montre. Avec une prĂ©cision de quelques mĂštres impossible de se perdre (sauf en cas de dysfonctionnement des appareils).

Dans le brouillard de Heljarkambur entre les volcans Eyjafjallajökull et MĂœrdalsjökull on distingue Ă  peine le piquet suivant.

Que faire si je suis perdu en pleine tempĂȘte

Les rangers m’ont racontĂ© que la pire chose Ă  faire quand on est perdu ou coincĂ© en plein blizzard est de tenter de rejoindre le refuge le plus proche. Le mieux Ă  faire est de monter son camp sur place et attendre que ça passe. C’est en tentant de continuer qu’on se perd d’avantage, s’Ă©puise et finit en hypothermie. Et on peut mourir, accessoirement.

Il y a plusieurs cas de décÚs sur ce parcours et deux cairns érigés sur les lieux des drames en sont les témoins.

Cairn Ă  la mĂ©moire d’un randonneur mort en pleine tempĂȘte Ă  un kilomĂštre du refuge, en juin !

Équipement

À Paris avant le dĂ©part le sac pesait une quinzaine de kilogrammes ; sans l’eau ni les bouteilles de gaz (interdites dans l’avion, Ă  acheter sur place).

S’il vous manque quelque-chose avant de partir vous pouvez aller faire un tour dans le magasin d’Ă©quipement de sport Fjallakofinn dans le centre de ReykjavĂ­k.

alt
Tout le matériel qui me sera nécessaire pour le trek

Sac Ă  dos

2,450 kg

Deuter – Air Contact 65+10

AchetĂ© spĂ©cialement pour ce long trek afin de pouvoir tout ranger dans le sac, sans rien Ă  l’extĂ©rieur afin de protĂ©ger au maximum tout le matĂ©riel de la pluie.

Tente

1,975 kg
(avec tapis de sol)

MSR – Hubba Hubba NX

Une des meilleures tentes du marché de par sa légÚreté (1,5 kg), son espace intérieur, ses deux grandes absides et sa facilité de montage.

Pour ne pas abĂźmer le sol de la chambre j’ai ajoutĂ© le tapis de sol MSR qui permet de monter les armatures seules. C’est utile quand il pleut on peut ainsi mettre le toit en premier puis la chambre (qui est restĂ©e au sec dans le sac).

Vu les risques de vent j’ai aussi achetĂ© 4 piquets en acier pour remplacer les MSR aux quatre coins du tapis de sol. Je suis sĂ»r de ne pas m’envoler en cas de tempĂȘte. En revanche gros bĂ©mol pour sa prise au vent. Elle s’est aplatie comme une crĂȘpe au bivouac n°3 et les arceaux sont maintenant tordus.

Duvet

1,360 kg
-7° C confort
-20° C extrĂȘme

The North Face - Cat's Meowï»ż

The North Face – Cat’s Meow

Duvet qui me tient chaud depuis dĂ©jĂ  quelques annĂ©es. Avec une tempĂ©rature de confort de -7°C et extrĂȘme de -20°C je ne crains pas les nuits froides. Sur ce trek la tempĂ©rature est descendue jusqu’Ă  4°C dans la tente.

Matelas
(+ Sac de gonflage)

450 g

Therm-a-Rest – NeoAir XLite

Therm-a-Rest – NeoAir XLite

TrĂšs lĂ©ger pour un R-value de 3.2 et ultra compact mĂȘme avec son sac de gonflage. TrĂšs confortable grĂące Ă  son Ă©paisseur de 6,4 cm il est toutefois un peu bruyant quand on bouge. C’est en partie dĂ» Ă  sa conception avec une feuille mĂ©tallique Ă  l’intĂ©rieur pour l’isolation. Par ailleurs, sa forme sarcophage fait qu’on se retrouve vite la pied Ă  l’extĂ©rieur.


Si tu n’aimes pas le temps qu’il fait, attends 5 minutes.

Proverbe islandais

Beaucoup de blogs parlent d’une aventure gĂąchĂ©e par un matĂ©riel non adaptĂ© aux conditions climatiques qui peuvent ĂȘtre cataclysmiques. Je m’Ă©tais donc prĂ©parĂ© au pire. Comme je suis plus habituĂ© Ă  randonner par beau temps dans les Alpes j’ai dĂ» refait toute ma garde-robe avant de partir (sauf le pantalon que j’ai depuis belles lurettes).

Veste Gore-Tex
(3Ăšme couche)

The North Face – Apex Flex

Au pays des 4 saisons dans la mĂȘme journĂ©e il fallait impĂ©rativement une veste Gore-Tex. J’ai choisi l’Apex Flex car elle est assez Ă©paisse et l’intĂ©rieur est doux. Elle peut ĂȘtre portĂ©e Ă  mĂȘme la peau ou sur un t-shirt par exemple. Et elle Ă©tait en solde au Vieux Campeur 


Polaire
(2Ăšme couche)

Salomon – Discovery FZ M

Veste moyennement chaude parfaite pour mettre sous la Gore-Tex.

T-Shirt
(1Ăšre couche)

Odlo – Concord

Pour cette grande aventure j’ai testĂ© pour la premiĂšre fois un t-shirt en laine mĂ©rinos. Quel confort ! Je l’ai portĂ© trois jours de suite. Le quatriĂšme j’ai mis un tee-shirt en acrylique. Au bout d’une heure ce n’Ă©tait plus possible. J’ai donc remis celui en laine pour une journĂ©e de plus. Toujours aucune odeur. Le confort Ă  un prix. Et ça fait beaucoup moins de vĂȘtements de rechange Ă  emmener.

Pantalon

Quechua

Pantalon chaud pour randonnées hivernales.

Surpantalon imperméable

Rab – Downpour Plus Pant

N’ayant pas de pantalon Gore-Tex j’ai optĂ© pour un surpantalon impermĂ©able en Pertex Shield. Vu que je n’ai pas eu de grosse pluie je ne peux pas trop me prononcer Ă  son sujet pour le moment.

Chaussettes de rando

Chaussette Smartwool (PhD Outdoor Light Margaritaï»ż)

Smartwool – PhD Outdoor Light Margarita

Chaussettes en laine MĂ©rinos. Anti odeurs et anti ampoules.

Chaussures de marche

1,111 kg

Kayland – Plume Micro GTX

J’ai l’habitude de randonner avec des chaussures basses. Mais pour ce trek d’une semaine sur terrain trĂšs variĂ© j’ai optĂ© pour des mids en Gore-Text avec semelles Vibram. J’ai trouvĂ© ce modĂšle sur un blog qui parlait justement de ce trek et comme elles Ă©taient en solde au Vieux Campeur 

Verdict aprÚs une semaine : Super ! Pas une ampoule (merci aussi les chaussettes mérinos), super accroche des semelles sur tous les terrains, excellent pare-pierres. Un bémol toutefois pour la semelle interne qui est un peu rigide et avec un chargement de plus de 15 kg on finit par se retrouver comme sur une planche de bois. Au bout de 20 km ça devenait assez douloureux.

Chaussures de riviĂšre

Salomon – Cross Amphibian Swift 2

Chaussures ultra légÚres (200 g) et ultra confortables pour traverser les riviÚres à gué ou le soir au bivouac (si elle ont eu le temps de sécher). Je les ai par ailleurs utilisées en ville le reste de mon séjour.

BĂątons

Black Diamond – Distance FLZ


Téléphone

Xiaomi – MI 8 Pro
Toutes les photos ont été prises avec cet appareil.

Montre GPS

Suunto – Ambit3 Peak

Caméra

DJI – Osmo Pocket

Batterie USB

405 g

Aukey – 20 Ah
Batterie Externe 20 000 mAh qui m’a permis de recharger mon tĂ©lĂ©phone portable, ma montre et mon appareil photo tout au long de la semaine. AchetĂ©e sur Amazon.

Il est impossible de trouver de l’Ă©lectricitĂ© tout au long du parcours. Sauf au restaurant Ă  Álftavatn oĂč il faut payer quelques Euros de l’heure et Ă  SkĂłgar oĂč il y a une prise dans la douche et au restaurant de l’hĂŽtel.

Et tout le petit matériel suivant :

  • une lampe frontale – totalement inutile en ce dĂ©but juillet puisqu’il fait jour 24h/24. Tout au plus un peu plus sombre vers la fin du sĂ©jour. Peut toutefois ĂȘtre utile si on compte visiter des tunnels de lave ou de glace ;
  • une serviette en microfibres Ă  bouclettes Sea-to-Summit taille XS avec sa housse de rangement ;
  • un masque de nuit – qui au final laissera passer la lumiĂšre et j’utiliserais mon buff Ă  la place ;
  • un bonnet, une casquette (aussi bien pour le soleil que pour la pluie, la capuche de ma Gore-Tex Ă©tant trĂšs petite), une paire de gants, un buff pour protĂ©ger le cou ;
  • un porte carte et une boussole pour l’orientation ;
  • de la crĂšme solaire, des mouchoirs, du papier toilette (inutile au final car il y en a dans toutes les toilette des campings et trouver un coin tranquille Ă  l’abris des regards est chose quasi impossible tout au long du parcours car il n’y a pas de vĂ©gĂ©tation pour se cacher – sans compter qu’il est trĂšs mal vu de laisser ses traces dans la nature, biodĂ©gradables soient elles) ;
  • un rĂ©chaud (j’ai achetĂ© les bouteilles de gaz au camping de Reykjavik mais on peut en trouver en ville chez Fjallakofinn ou dans les campings le long du trek), une popote, une pierre Ă  feu, une spork en titane (spoon + fork = cuillĂšre + fourchette), un couteau suisse, un gobelet en plastique (avec graduation du volume d’eau, utile pour prĂ©parer les plats lyophilisĂ©) ;
  • une doudoune sans manche ;
  • vĂȘtements de nuit : une paire de chaussettes, un collant et un t-shirt Heattech Uniqlo emballĂ©s dans un sac zip ;
  • un thermomĂštre digital – ça c’est mon cĂŽtĂ© geek, j’aime savoir quelle a Ă©tĂ© la tempĂ©rature minimale durant la nuit Ă  l’intĂ©rieur et Ă  l’extĂ©rieur de la tente ; je peux ainsi amĂ©liorer mon Ă©quipement au fil des mes aventures ;
  • une trousse de secours maison dans un sac zip et composĂ©e d’une couverture de survie, d’un sifflet, de pansements et de Compeed (avec les nouvelles chaussures je pensais avoir des grosses ampoules), de cachets contre le mal de tĂȘte et anti-diarrhĂ©ique, compresses, sparadrap, lingettes dĂ©sinfectantes, pince Ă  Ă©piler, tire tiques, corde de 10 m, un mini rouleau de scotch amĂ©ricain (qui aura servi Ă  rĂ©parer le bĂąton cassĂ© de la randonneuse canadienne), les kits de rĂ©paration de la tente et du matelas gonflable, des piles de rechanges pour la frontale, une boĂźte d’allumettes, un briquet 
 Je dĂ©conseille les kits de secours tout prĂȘt vendus dans le commerce qui sont composĂ©s gĂ©nĂ©ralement d’Ă©lĂ©ments bas de gamme genre mini pansements inutilisables (voir mon post TraversĂ©e du plateau de la grande chartreuse).

Alimentation

C’est une grosse partie de ma prĂ©paration et du poids du sac. Tenir une semaine en autosuffisance c’Ă©tait une premiĂšre. J’ai Ă©cumĂ© les groupes Facebook (en particulier Trek, Bivouac, Matos Outdoor, discussions et conseils) et j’ai glanĂ© quelques idĂ©es dans le livre Food Trek.

Pour info tous les campings sur le parcours vendent des sachets de nourriture lyophilisĂ©e et certains proposent mĂȘme des sucreries, chips et autres boissons sucrĂ©es ou alcoolisĂ©es.

Voici mes repas types pour une journée de randonnée :

Petit déjeuner

InspirĂ© des posts sur les groupes Facebook de trekking j’ai testĂ© le muesli au fruits rouge. Mais pour que ce ne soit pas trop sec j’ai ajoutĂ© du lait en poudre diluĂ© dans de l’eau chaude. Pas hyper Ă©nergĂ©tique mais suffisamment bon pour dĂ©marrer la journĂ©e du bon pied. AgrĂ©mentĂ© d’un thĂ© et d’une Pom’Pot importĂ©e de France (au BĂłnus* on ne trouve que des compotes bio pour bobo ou pour bĂ©bĂ©).

DĂ©jeuner

J’ai pris le parti de ne pas faire de pause dĂ©jeuner mais de grignoter tout au long de la journĂ©e un mĂ©lange noix de pĂ©can / amandes Ă©mondĂ©es (la peau donne de l’aciditĂ©) / pignons de pin / pistaches / baies de Goji dĂ©shydratĂ©es. Plus une barre Ă©nergĂ©tique dans l’aprĂšs-midi.
Au BĂłnus* j’ai trouvĂ© du Beef Jerky en complĂ©ment du mĂ©lange que je viens d’Ă©voquer. Mais il y a encore mieux : le Fish Jerky – HarĂ°fiskur – Ă  base de Morue sĂ©chĂ©e qui est composĂ© Ă  plus de 80% de protĂ©ines.

Les Ă©tapes n’Ă©tant pas si longues j’ai rarement marchĂ© toute la journĂ©e. Le jours 2 par exemple je suis arrivĂ© Ă  Álftavatn vers 14h. J’ai profitĂ© du restaurant (le seul du parcours) pour dĂ©guster une dĂ©licieuse soupe avec un bon cafĂ© crĂšme.

Apéro

MĂȘme en trek Ă  l’autre bout de l’Europe je ne peux me passer de quelques rondelles de saucisson ramenĂ© de France accompagnĂ©es de TUC (achetĂ©s au BĂłnus*).

DĂźner

J’ai dĂ©valisĂ© le rayon lyophilisĂ© du « restaurant » du Vieux Campeur pour les repas du trek mais aussi mes repas Ă  Reykjavik oĂč je sĂ©journais au camping. Pour le trek j’ai pris les rĂ©fĂ©rences suivantes en privilĂ©giant les recettes ayant le meilleur rapport calories / volume d’eau nĂ©cessaire :

– Pñtes aux 3 fromages (491 kCal / 250 ml)
– Pñtes Poulet aux champignons (504 kCal / 250 ml)
– PĂątes aux lĂ©gumes (514 kCal / 250 ml)
– Tajine poulet oriental (608 kCal / 250 ml)
– Quinoa sauce mexicaine (596 kCal / 320 ml)
– Hachis parmentier bio (519 kCal / 350 ml)

Digeo

Et pour finir, une tisane et quelques gorgées de Génépi ramené dans une fiole en plastique (150 ml).

Ressources

Parcours de la randonnĂ©e 🇼🇾 Laugavegur 0 – BlĂĄhnjĂșkur

Ce parcours n’a pas Ă©tĂ© enregistrĂ© par ma montre mais je l’ai crĂ©Ă© Ă  la main. Il ne convient peut-ĂȘtre pas pour une navigation trĂšs prĂ©cise.

Traces GPX enregistrées quotidiennement par ma montre puis rassemblées dans un seul fichier
Traces GPX préchargées dans ma montre pour le suivi au jour le jour

Comme je devais à la base faire le parcours du Sud vers le Nord la numérotation est inversée ainsi que le sens des points dans chaque fichier mais ma montre gÚre trÚs bien ce changement de sens.

Par ailleurs j’ai fait en une seule et mĂȘme journĂ©e les deux Ă©tapes du trek FimmvörĂ°uhĂĄls.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.